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Cultiver des plantes acidophiles en terrain calcaire, c’est possible !

Cultiver des plantes acidophiles en terrain calcaire est à première vue antinomique. À la deuxième aussi d’ailleurs, mais il serait dommage de se passer de ces réjouissants végétaux pour une simple question d’incompatibilité d’humeur.

Jalouse, la terre calcaire de sa collègue dite « de bruyère » ? Peut-être bien… Il faut dire qu’ornée de ses plantes acidophiles qui offrent des floraisons vives et colorées dans les sous-bois et les coins ombragés, cette dernière doit lui faire drôlement envie. Des fleurs à l’ombre, rendez-vous compte, ce n’est pas si commun. Ajoutons qu’en plus, en sélectionnant un tant soit peu les variétés, on peut étaler les floraisons durant toute l’année. Quel programme ! Heureusement, rien n’est perdu pour les terres hostiles qui peuvent parfaitement prévoir une petite place pour ces invitées de marque dès lors que le jardinier s’en donne les moyens. Justement, le début de l’automne est le moment idéal pour se lancer dans ce genre de travaux…


L’acidité ou rien

Les plantes acidophiles, comme les azalées, les rhododendrons, les camélias ou les bruyères, pour ne parler que des plus célèbres, ne supportent pas les terrains calcaires (pH supérieur à 7) et à peine plus les sols neutres (pH supérieur à 5,5). La présence du calcaire inhibe la libération du fer présent dans le sol et provoque une carence caractéristique, avec des feuilles jaunes aux nervures vertes. De plus, ces végétaux apprécient les terres drainantes qui empêchent l’eau de stagner autour de leurs racines, et les sols acides, généralement très humifères et sableux, le sont particulièrement. Si bien que, loin de sa terre de prédilection, immanquablement, la plante acidophile végète ou meurt.


Les pieds dans la fosse

Qui voudra donc cultiver de telles plantes dans un sol inadapté devra envisager de modifier la nature de son sol à l’endroit où il compte les installer. Pour cela, le mieux est de creuser une fosse que l’on remplit de terre de bruyère. De taille adaptée au nombre de plantes prévues, ce trou, plus ou moins vaste, sera tapissé, jusqu’à la surface, d’un feutre géotextile. Ce tissu qui laisse passer l’eau et les échanges gazeux va, en revanche, séparer la terre de bruyère du reste du sol. Bien sûr, la fosse doit être assez profonde pour permettre un enracinement suffisant en fonction de la taille des plantes. Si une cinquantaine de centimètres suffisent à la bruyère, un bon mètre est un minimum pour les arbustes.


Adapter les soins et l’exposition

Une fois les plantes en place, il va falloir répondre aux besoins capricieux de ces nouvelles arrivantes. Une exposition ombragée ou, au moins, semi-ombragée leur est indispensable. Si elles n’aiment pas avoir les racines dans l’eau stagnante, elles détestent tout autant la sécheresse. Et comme la terre de bruyère, de par ses qualités drainantes, s’assèche rapidement, il faut compter sur un arrosage attentif et régulier mais pas trop copieux, de manière à conserver le sol humide, sans noyer les racines. Pour cela, l’arrosage à l’eau de pluie, plutôt qu'à l’eau du robinet, souvent calcaire, est un must.


Maintien de la nature du sol

Au fil des années, il est important de préserver les spécificités de ce sol si précieux. Un apport annuel de terre de bruyère, à raison d’environ 50 litres par mètre carré, suffit généralement à garder l’acidité du sol, malmenée par des arrosages calcaires. De même, une brouette de compost au printemps et à l’automne, pour environ 3 m2, maintiendra un taux d’humus suffisant. Dans les deux cas, incorporez ces apports aux premiers centimètres du sol à l’aide d’une binette.


Un paillis adapté

En étalant sur le sol des écorces de pin ou, mieux, car gratuites, des épines de pin, vous bénéficiez de tous les avantages du paillis tout en maintenant l’acidité du sol.

Benoit Charbonneau

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Bambou, les 50 meilleurs, au jardin et en pot - P. Whittaker – 167 pages - Éditions Ulmer – editions-ulmer.fr – 01 48 05 03 03 – 20,20 €
editions-ulmer.fr

09/05/2015 Le Truffaut du jardin écolo

Le Truffaut du jardin écolo Bible ancestrale du jardinier, le « Truffaut » se décline depuis quelque temps en version écologique. Rempli d’articles très aboutis et richement illustrés, c’est un guide pratique foisonnant et passionnant, à destination de ceux qui veulent comprendre le pourquoi et le comment des nouvelles approches du jardinage. Fonctionnement des plantes, techniques, principes, conseils… Toutes les informations distillées sont d’un précieux enseignement, pour les novices comme pour les amateurs chevronnés. Cette nouvelle édition est à mettre entre toutes les mains… vertes.

Le Truffaut du jardin écologique, éditions Larousse - 287 pages – editions-larousse.fr – 01 44 39 44 00 – 24,90 €
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Ail « Germidour » certifié – En sachets de 250 g– La bonne graine - Tel : 02 41 51 79 93 – 6 €
labonnegraine.com

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Plantes envahissantes, pionnières ou simplement expansives ? – éditions Terres Vivante – 04 76 34 80 80 – 25 €

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Le camélia Originaire d'Asie, le camélia est un arbuste qui fleurit en hiver. Il existe 82 espèces : Camellia japonica est la plus couramment vendue, les plus résistantes au froid sont Audusson, Gloire de Nantes et Nobilissima. Cinnamon Cindy et Sugar Dream sont les plus parfumées.
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Très rustique, le camélia constitue l'emblème des samouraïs au Japon. Dans le langage des fleurs, le camélia est synonyme d'estime, d'admiration et de constance.

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